Vous pouvez la consulter à des fins de recherche ou à titre de référence.Pour accéder aux renseignements actuels, visitez le site « NatureCounts - L’état des populations d’oiseaux du Canada » (lien externe).
Le Phalarope à bec étroit niche dans des milieux humides de la zone subarctique et du Bas-Arctique et hiverne en mer dans des eaux tropicales. Il est difficile de suivre l'état de la population de l'espèce en raison de l'éloignement de ses lieux de reproduction et d'hivernage et de la difficulté d'y accéder. Des baisses d'effectif très importantes ont été observées dans un petit nombre de lieux de reproduction et à des haltes migratoires. Toutefois, la majorité de la population niche, migre et hiverne à l'extérieur des régions faisant l'objet de relevés; on considère donc que les données sont insuffisantes pour évaluer l'état de la population de l'espèce. En 2014, le Phalarope à bec étroit a été désigné espèce préoccupante par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Cette espèce a été identifiée comme étant une priorité de conservation et/ou d’intendance dans une ou plusieurs stratégies régionales de conservation des oiseaux au Canada.
Les baisses d'effectif apparentes observées dans la région de l'île Deer, dans la baie de Fundy, pourraient avoir été liées à une réduction de la disponibilité du copépode Calanus finmarchicus, proie préférée des phalaropes (Chardine 2005). Les phalaropes s'alimentent dans les zones de remontée des eaux, où les proies sont amenées à la surface. Des modifications du milieu marin pourraient avoir eu une incidence sur la quantité ou la disponibilité de proies appropriées et pourraient avoir favorisé une redistribution des phalaropes faisant halte vers d'autres zones de remontée des eaux. De récentes informations montrent que des Phalaropes à bec étroit qui se reproduisent en Europe du Nord font halte dans la baie de Fundy et à d'autres sites le long de la côte atlantique avant de gagner leurs lieux d'hivernage au large de la côte du Pérou (Smith et al. 2014). Par ailleurs, l'aire de reproduction du Phalarope à bec étroit chevauche celle de plusieurs populations d'oies de l'Arctique surabondantes. Les oies peuvent dégrader les habitats toundriques en broutant les graminées et les cypéracées ainsi que leurs rhizomes (Alisauskas et al. 2006); les habitats ainsi modifiés abritent souvent de plus faibles densités d'oiseaux de rivage (voir p. ex. Sammler et al. 2008, Hines et al. 2010). Ce facteur pourrait également avoir contribué aux possibles baisses d'effectif du Phalarope à bec étroit. En outre, les changements climatiques peuvent dans le long terme constituer une menace pour l'espèce dans ses lieux de reproduction; les modifications du climat arctique pourraient influer sur la disponibilité et la quantité de proies et sur la période de présence de celles-ci, et favoriser l'établissement d'une végétation arbustive qui pourrait réduire la disponibilité de sites de nidification (COSEPAC 2014a). Les relevés effectués dans l'ensemble de l'aire de reproduction de l'espèce semblent indiquer un rebond de la population; cependant, il sera nécessaire de mener des travaux supplémentaires d'observation de l'espèce jusque dans ses lieux d'hivernage en mer pour améliorer les plans de conservation et de gestion (Hunnewell et al. 2016).
Environnement et Changement climatique Canada et ses partenaires ont mis au point des Stratégies régionales de conservation des oiseaux dans chacune des Régions de conservation des oiseaux (RCO) au Canada. Dans ces stratégies, une espèce est identifiée comme étant prioritaire pour une ou plusieurs des raisons suivantes :
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