Profil d'espèce

Hespérie ottoé

Nom scientifique : Hesperia ottoe
Autres noms/noms précédents : Hespéri Ottoé
Taxonomie : Arthropodes
Répartition du COSEPAC : Manitoba
Date de l’évaluation et le changement de statut: mai 2015
Statut du COSEPAC : En voie de disparition
Critères d'évaluation du COSEPAC: B1ab(iii)+2ab(iii)
Justification de la désignation du COSEPAC:

Cette espèce est une spécialiste des prairies à herbes courtes et sablonneuses, qui se trouve en petites populations isolées dans des habitats de prairie fragmentés et en déclin du sud-ouest du Manitoba. Historiquement, cette espèce n’a été trouvée que dans seulement trois sites au Canada. Toute population restante dans son aire de répartition historique serait limitée à une très petite zone dans le sud-ouest du Manitoba. De récentes activités d’inventaire n’ont pas permis de trouver l’espèce, mais il y a de l’habitat qui demeure non inventorié à la Base des Forces canadiennes Shilo, car il est impossible d’y effectuer des relevés. Les menaces incluent le surpâturage, les plantes envahissantes qui peuvent supplanter les plantes hôtes, et la perte d’habitats restants en raison de l’agriculture.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2005. Réexamen et confirmation du statut en mai 2015.
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2006-08-15

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Description

L'hespérie ottoé est un petit papillon diurne d’une envergure de 29 à 35 mm. Comme tous les membres de sa famille, il se distingue des autres papillons par la présence d'un crochet à l'extrémité de ses antennes en forme de massue. Les mâles et les femelles de cette espèce sont de coloration différente. Chez le mâle, le dessus des ailes est jaune orange et les ailes avant sont ornées d’une bordure brunâtre diffuse et d'une tache sombre allongée distinctive appelée « ptérostigma ». Chez la femelle, le dessus des ailes est de couleur brun mat avec des taches chamois pâle. Parmi les bandes de taches chamois ornant les ailes avant se trouvent habituellement une ou deux taches rondes blanchâtres et translucides, mais pas de ptérostigma. Le dessous des ailes est uniformément jaune orange pâle, comme chez le mâle. Les œufs blanchâtres ont la forme de demi-boules et mesurent environ 1,3 mm de diamètre. Les chenilles sont de couleur brun verdâtre avec une tête brun foncé, suivie d’un segment noir. À maturité, elles atteignent une longueur de 20 à 25 mm.

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Répartition et population

L'hespérie ottoé se rencontre, de façon très dispersée, depuis le sud du Manitoba jusqu'au Michigan et au Texas vers le sud, et jusqu'au Colorado vers l'ouest. Au Canada, on n'a observé l'espèce qu'à trois endroits dans le sud du Manitoba. La première observation, datant de 1921, et a été faite dans la région d'Aweme, à environ 10 km au nord de Wawanesa. Des spécimens ont aussi été repérés vers la fin des années 1920 à Rounthwaithe et vers la fin des années 1980, dans le parc provincial Spruce Woods. Aucun individu n'a été repéré dans deux des trois sites depuis la fin des années 1920. L'espèce, qui a été observée pour la dernière fois au Canada en 1986, dans le parc provincial Spruce Woods, n'a pas été repérée lors des relevés réalisés en 2002 et en 2003. Il est possible que l'hespérie ottoé soit disparue du Canada. Si une population existe encore, on prévoit un déclin continu en raison de la détérioration de l'habitat.

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Habitat

L'hespérie ottoé se retrouve uniquement dans des prairies naturelles. Ce papillon privilégie les prairies sablonneuses et les prairies mixtes, se composant surtout d’herbes de hauteur moyenne, comme les barbons. On ne trouve pas l'espèce dans les prairies à herbes hautes. Dans le parc provincial Spruce Woods où a été aperçue l’espèce la dernière fois, le terrain est habituellement sec et vallonné, et les prairies se trouvent souvent sur les collines (qui étaient auparavant des dunes). Les plantes herbacées qui forment des touffes denses, comme le barbon à balais, sont communes sur ces terrains élevés. L’hespérie ottoé privilégie peut-être cette espèce de barbon comme plante-hôte, comme le fait l’espèce au Minnesota. Depuis les années 1950, plus de 99 % des prairies naturelles ont été converties en terres d'agriculture ou gravement détériorées par un pâturage excessif. Au Manitoba, les prairies restantes sont envahies par des plantes exotiques.

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Biologie

Comme tous les papillons, l'hespérie ottoé a un cycle de vie caractérisé par une métamorphose complète, où se succèdent l'œuf, la chenille, la chrysalide et l'adulte. Ce cycle est accompli en un an. Chacune de ces étapes se caractérise par des exigences précises en matière de ressources. La reproduction a lieu durant la courte période de vol des adultes, habituellement de la mi-juin ou de la fin juin à la mi-août. Les individus adultes peuvent vivre jusqu'à trois semaines. Les femelles s'accouplent habituellement une ou deux journées après avoir émergé de la chrysalide. Elles déposent leurs œufs individuellement sur le dessous des feuilles des plantes hôtes des chenilles ou sur les fleurs d'échinacées à feuilles étroites qu’elles butinent. L'accès régulier à des sources de nectar est essentiel à la survie des adultes. Bien que l'hespérie ottoé se nourrit de plusieurs sources de nectar, il préfère celui de certaines espèces. Ces préférences sont inconnues pour les populations canadiennes. Les chenilles se nourrissent d'une variété de graminées, des plantes herbacées qui sont toutes caractéristiques de leur habitat de prairie. Elles passent par six ou sept stades larvaires avant de former une chrysalide. Vers la fin septembre, les chenilles entament une période de diapause obligatoire (une forme d'hibernation). Elles passent l'hiver dans cet état et recommencent à se nourrir au printemps. Elles terminent ensuite leur développement en juin ou en juillet, puis forment une chrysalide d’où un papillon adulte émerge deux semaines et demie plus tard.

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Menaces

La perte et la dégradation de l’habitat représentent la principale menace qui pèse sur l’hespérie ottoé. Depuis les années 1850, plus de 99 % des prairies naturelles, privilégiées par l’espèce, ont été converties en cultures en rangs ou en cultures de foin, ou encore soumises à un pâturage excessif. Or, l'habitat de ce papillon doit renfermer les sources de nourriture essentielles aux chenilles et aux adultes pour que l'espèce puisse y survivre à long terme, et ces plantes se trouvent rarement dans les habitats agricoles. De plus, le piétinement par le bétail peut tuer les chenilles. Au Manitoba, la perte et la dégradation de l'habitat causées par l'invasion de plantes envahissantes et de la lutte chimique contre ces espèces constituent la principale menace qui pèse actuellement sur l’espèce. En effet, l’euphorbe ésule envahit le parc provincial Spruce Woods, le dernier site au Canada où existe peut-être encore ce papillon. L’hespérie ottoé est également vulnérable aux perturbations comme les feux de brousse, le brûlage dirigé inadéquat et l'exploitation de carrières, susceptibles de modifier la flore et la structure de son habitat privilégié.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Hespérie Ottoé est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’hespérie ottoé est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition du Manitoba. Aux termes de cette dernière, il est illégal de tuer, de blesser, de posséder ou de perturber cette espèce et d'intervenir dans ses activités. Il est également illégal de perturber ou de détruire sans permis son habitat ou toute ressource naturelle dont elle dépend pour vivre ou se propager.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l'hespérie Ottoé (Hesperia ottoe) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès jusqu’à présent Un programme de rétablissement de l’hespérie Ottoé est en cours d’élaboration. Il n’y a aucun changement connu de l’état de la population ou de la répartition de cette espèce. La dernière observation d’individus de cette espèce a eu lieu au parc provincial de Spruce Woods à la fin des années 1980. Des études effectuées en 2002 et en 2003 n’ont pas révélé la présence de cette espèce dans ses emplacements historiques. En outre, d’autres études réalisées en 2005 et en 2006 sur une espèce semblable, l’hespérie du Dakota, n’ont pas repéré d’hespérie Ottoé. Résumé des activités de recherche et de surveillance Les emplacements historiques devraient faire l’objet de nouvelles études pour confirmer la présence et la répartition de cette espèce.

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

12 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’hespérie ottoé (Hesperia ottoe) au Canada (2005-05-01)

    L'hespérie ottoé appartient à la famille des Hespériidés (hespéries) et à l'ordre des Lépidoptères (papillons et noctuelles). Les hespéries se distinguent des autres papillons par la présence d'un crochet à l'extrémité de leurs antennes à massue.
  • Sommaire du statut de l'espèce du COSEPAC sur l'hespérie Ottoé (Hesperia ottoe) au Canada (2016-02-02)

    Cette espèce est une spécialiste des prairies à herbes courtes et sablonneuses, qui se trouve en petites populations isolées dans des habitats de prairie fragmentés et en déclin du sud-ouest du Manitoba. Historiquement, cette espèce n'a été trouvée que dans seulement trois sites au Canada. Toute population restante dans son aire de répartition historique serait limitée à une très petite zone dans le sud-ouest du Manitoba. De récentes activités d'inventaire n'ont pas permis de trouver l'espèce, mais il y a de l'habitat qui demeure non inventorié à la Base des Forces canadiennes Shilo, car il est impossible d'y effectuer des relevés. Les menaces incluent le surpâturage, les plantes envahissantes qui peuvent supplanter les plantes hôtes, et la perte d'habitats restants en raison de l'agriculture.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Hespérie ottoé (2015-12-23)

    Cette espèce est une spécialiste des prairies à herbes courtes et sablonneuses, qui se trouve en petites populations isolées dans des habitats de prairie fragmentés et en déclin du sud-ouest du Manitoba. Historiquement, cette espèce n’a été trouvée que dans seulement trois sites au Canada. Toute population restante dans son aire de répartition historique serait limitée à une très petite zone dans le sud-ouest du Manitoba. De récentes activités d’inventaire n’ont pas permis de trouver l’espèce, mais il y a de l’habitat qui demeure non inventorié à la Base des Forces canadiennes Shilo, car il est impossible d’y effectuer des relevés. Les menaces incluent le surpâturage, les plantes envahissantes qui peuvent supplanter les plantes hôtes, et la perte d’habitats restants en raison de l’agriculture.
  • Énoncés de réaction - Hespéri Ottoé (2005-11-15)

    Cette espèce a été observée dans un très petit nombre d’emplacements dans les prairies canadiennes où elle est associée à une végétation de prairie mixte fragmentée et en déclin. Elle a récemment été observée qu’en un seul emplacement.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l’hespérie Ottoé (Hesperia ottoe) au Canada (2010-04-15)

    En 2005, l’hespérie Ottoé (Hesperia ottoe) a été désignée espèce « en voie de disparition » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (COSEPAC, 2005) et, en août 2006, a été inscrite comme telle en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) par le ministre de l’Environnement. Au terme de l’article 37 de la LEP, le ministre compétent est tenu d’élaborer un programme de rétablissement pour toute espèce inscrite comme étant disparue du pays, en voie de disparition ou menacée. L’élaboration du présent programme a été dirigée par la Région des Prairies et du Nord du Service canadien de la faune, d’Environnement Canada, en collaboration ou en consultation avec le gouvernement du Manitoba. Le programme a été revu et approuvé par toutes les compétences responsables.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi - Vol. 139, No. 24 (2005-11-15)

    Sur recommandation du ministre de l'Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (voir référence a) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l'annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (volume 146, number 14, 2012) (2012-07-04)

    L’objet du Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril est d’ajouter 18 espèces à l’annexe 1, la Liste des espèces en péril (la Liste), et de changer la classification de 7 espèces inscrites, aux termes du paragraphe 27(1) de la LEP. Cette modification est proposée à la suite de la recommandation du ministre de l’Environnement à la lumière d’évaluations scientifiques qu’a faites le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et à la suite de consultations tenues auprès des gouvernements, des peuples autochtones, des intervenants et du public canadien.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (volume 140, numéro 18, 2006) (2006-09-06)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005-08-12)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2014-2015 (2015-11-20)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la présente année de déclaration (d’octobre 2014 à septembre 2015), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première, du 23 au 28 novembre 2014, et la deuxième, du 27 avril au 1er mai 2015. Pendant cette période, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 1 En voie de disparition : 21 Menacées : 11 Préoccupantes : 21 Données insuffisantes : 1 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 24 de ces espèces a confirmé la même situation de risque que l’évaluation précédente.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#SARA-PNR-2007-0063), en vertu de l'article 73 de la LEP (2007-07-27)

    Des relevés diurnes de l'Hesperia ottoe seront effectués en parcourant deux fois par semaine les transects d'habitat convenable et en se servant d'un filet fauchoir. Dans le cas de l'héliotin blanc satiné, on placera la nuit des pièges à lumière ultraviolette LuminocMC à environ six endroits dans un habitat de dunes sableuses, et les pièges seront vidés régulièrement après trois ou quatre nuits. L'objectif visé par ces relevés est d'établir la présence continue de ces espèces au Manitoba.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005-11-16)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
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