Profil d'espèce

Epilobe densiflore

Nom scientifique : Epilobium densiflorum
Taxonomie : Plantes vasculaires
Répartition du COSEPAC : Colombie-Britannique
Date de l’évaluation et le changement de statut: mai 2005
Statut du COSEPAC : En voie de disparition
Critères d'évaluation du COSEPAC: A3c; B1ab(i,ii,iii,iv,v)+2ab(i,ii,iii,iv,v)
Justification de la désignation du COSEPAC: Il s’agit d’une plante herbacée annuelle  de milieu limité, au sein de l’écosystème des chênes de Garry, dont le nombre de populations a subi d’importants déclins et qui est exposée à une réduction continue de l’habitat en raison de l’exploitation et de la propagation des herbes nuisibles exotiques. Les quatre populations existantes sont fragmentées, petites, et il existe peu de possibilités de les repeupler à partir des emplacements adjacents de l’État de Washington si elles disparaissaient.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2005.
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2006-08-15

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Description

L'épilobe densiflore est une plante herbacée annuelle mesurant de 15 à 100 cm de hauteur. La plante est recouverte de nombreux poils blancs et ses tiges sont parfois ramifiées vers le haut. Ses feuilles sont placées en alternance autour de la tige, sauf près de la base du plant, et n’ont presque ou pas de queue. En formes de longues lances, plus ou moins élargies à la base, elles sont entières ou bordées de dents fines. Les petites fleurs, blanches à violet-rose, sont réunies en quelques épis feuillus, disposés sur les côtés du plant et au sommet. À maturité, la plante produit des fruits secs, qui consistent en des capsules contenant plusieurs graines. Contrairement à la plupart des autres épilobes, les graines de cette espèce ne sont pas surmontées d'une touffe de poils soyeux. On peut confondre l’épilobe densiflore avec une autre épilobe en péril, l’épilobe de Torrey, qui elle aussi porte des graines dépourvues de poils.

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Répartition et population

On retrouve l’épilobe densiflore en Amérique du Nord, depuis l'île de Vancouver, le sud des îles Gulf et l’État de Washington jusqu'à la Basse-Californie et vers l'est, jusqu'en Idaho, en Utah et au Nevada. Au Canada, l’espèce est présente dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, de Victoria à Nanaimo. La population non canadienne la plus proche se trouve à 20 km au sud, sur l'île San Juan, dans l’État de Washington. Au cours des 20 dernières années, les habitats possibles ont fait l'objet d'études intensives, qui ont révélé un déclin rapide du nombre des populations. Il ne reste aujourd'hui que quatre populations canadiennes, dont une qui ne comptait, en 2003, qu’un seul individu reproducteur. Les quatre populations canadiennes totalisent environ 2 800 à 3 400 individus. Elles sont extrêmement petites et fragmentées, et il est improbable que des échanges surviennent entre ces populations et les populations américaines, à cause de la faible capacité de dispersion des graines, qui ne possèdent pas de dispositif facilitant leur dispersion par le vent.

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Habitat

Au Canada, l'épilobe densiflore pousse dans un milieu limité, au sein de l'écosystème des chênes de Garry. On la retrouve dans les fossés en bordure des chemins et dans les prés dégagés qui sont humides au printemps, mais très secs pendant une bonne partie de l’été. On estime que 95 % de son habitat potentiel a été détruit dans les cent dernières années par le développement agricole, urbain et industriel, ainsi que par la prévention des incendies et l'établissement de graminées exotiques et d'arbustes envahissants. Les milieux convenant à l'épilobe densiflore ont probablement subi des déclins semblables à ceux des écosystèmes des chênes de Garry en termes de superficie et de qualité.

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Biologie

L'épilobe densiflore est une plante annuelle qui fleurit de juin à août, et produit des fruits du milieu à la fin de l'été. La fécondation se fait principalement par autopollinisation, c’est-à-dire que fleurs sont fécondées par leur propre pollen. Le pollen peut également être transporté d’une fleur à l’autre par des insectes, surtout des abeilles. Les graines sont libérées des fruits secs vers la fin de l'automne et en hiver. Contrairement aux graines de la plupart des autres épilobes, celles de cette espèce sont dépourvues d'une touffe de poils. Par conséquent, elles ne sont pas dispersées par le vent sur de grandes distances et tombent probablement au sol, non loin du plant. La germination a lieu durant la saison humide, soit à l’hiver ou au printemps suivant. Les plantes continuent de se développer pendant une bonne partie de la sécheresse estivale qui caractérise le sud-est de l'île de Vancouver. Grâce à sa capacité de supporter des taux d'humidité très élevés en hiver et très faibles en été, l'espèce pousse là où bien d'autres ne survivraient pas.

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Menaces

Le principal facteur menaçant l'épilobe densiflore au Canada est la destruction de son habitat, sis au cœur d’une des régions en plus forte croissance en Amérique du Nord. Son habitat très limité est ainsi détruit par le développement résidentiel et récréatif. La dernière grande population est menacée à court terme par un projet d'aménagement de parc de maisons mobiles. L'expansion de l'espèce est limitée par le fait que celle-ci a besoin d'un été sec et d'un hiver très humide et doux, conditions qui n'existent que dans une très étroite bande côtière du sud-est de l'île de Vancouver et dans les îles environnantes. Les quatre populations existantes et la plupart des populations historiques se trouvent en effet près de l’océan Pacifique, réchauffé par les eaux du courant de Californie, qui adoucit les températures hivernales. L’habitat de l'épilobe densiflore est aussi modifié par les changements hydrologiques et les plantes exotiques envahissantes qui menacent l’espèce de nombreuses manières. Les espèces les plus hautes risquent de l’étouffer en la privant de soleil, alors que d’autres peuvent accaparer l’humidité et les éléments nutritifs. Encore pire, les plantes exotiques annuelles colonisent des milieux récemment perturbés qui auraient pu servir à la germination des graines de l’épilobe.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Epilobe densiflore est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’épilobe densiflore n’est protégée par aucune loi provinciale en Colombie-Britannique. Une seule des quatre populations canadiennes actuelles se trouve dans un parc provincial.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l'épilobe densiflore (Epilobium densiflorum) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’épilobe densiflore (Epilobium densiflorum) au Canada (2005-08-12)

    L'Epilobium densiflorum est une plante herbacée annuelle à racine pivotante et à pubescence dense et blanche. Les feuilles sont alternes, pratiquement sessiles, longuement lancéolées à ovées-lancéolées dans l'inflorescence. Les fleurs sont violet-rose et réunies en épis latéraux sous-tendus par des bractées foliacées. À maturité, les capsules contiennent plusieurs graines dans chacune de leurs quatre loges. Trait caractéristique de l'espèce, les graines ne sont pas surmontées d'une aigrette comme chez la plupart des espèces du genre Epilobium.

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Epilobe densiflore (2005-11-15)

    Il s’agit d’une plante herbacée annuelle  de milieu limité, au sein de l’écosystème des chênes de Garry, dont le nombre de populations a subi d’importants déclins et qui est exposée à une réduction continue de l’habitat en raison de l’exploitation et de la propagation des herbes nuisibles exotiques. Les quatre populations existantes sont fragmentées, petites, et il existe peu de possibilités de les repeupler à partir des emplacements adjacents de l’État de Washington si elles disparaissaient.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l'épilobe densiflore (Epilobium densiflorum) au Canada (2013-08-19)

    L’épilobe densiflore (Epilobium densiflorum) figure sur la liste des espèces en voie de disparition de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. L’épilobe densiflore est une herbacée annuelle mesurant de 15 à 100 cm de hauteur, possédant une tige velue et des petites fleurs blanches à violet rosé. Il ne pousse que dans l’ouest de l’Amérique du Nord, depuis le sud de la Colombie-Britannique jusqu’au sud de la Californie et, vers l’est, jusqu’en Utah et en Idaho. L’espèce est classée non en péril à l’échelle mondiale. Dans son aire de répartition, elle est confinée aux milieux humides saisonniers associés aux écosystèmes du chêne de Garry. Il existe des mentions historiques pour 20 occurrences dans une aire de répartition de 2 000 km2 au Canada, mais l’épilobe densiflore a été réduit à quatre occurrences dans une aire de répartition de 900 km2. La population canadienne entière (les quatre occurrences) occupe 10 ha au total et est composée d'environ 102 120 individus.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005-08-12)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#SARA-PYR-2009-0121), en vertu de l'article 73 de la LEP (2009-10-06)

    L'activité proposée vise à continuer le pavage du coupe-feu au dépôt de munitions de Rocky Point des Forces armées, tout en gérant la situation de la plante récemment découverte qui fait partie des espèces en péril. L'activité de pavage aura lieu dans la zone de protection préétablie au dépôt de Rocky Point. Le coupe-feu se situe autour d'une clôture qui sépare le dépôt de munitions du reste de la propriété de Rocky Point. L'épilobe densiflore se trouve actuellement dans le coupe-feu sur les côtés ouest et nord du site.
  • Raison pour l'émission du permis(#SARA-PYR-2009-0126), en vertu de l'article 73 de la LEP (2010-02-04)

    Ce projet vise à protéger l'habitat des populations d'espèces rares sélectionnées qui est menacé par les espèces envahissantes ou l'empiètement des conifères. Ces espèces sont : Bartramia stricta, bartramie à feuilles dressées Dryopteris arguta, dryoptère côtière Entosthodon fascicularis, entosthodon fasciculé Epilobium densiflorum, epilobe densiflore Limnanthes macounii, limnanthe de Macoun Lotus formosissimus, lotier splendide Lupinus densiflorus, lupin densiflore Meconella oregano, méconelle d'Orégon Microseris bigelovii, microséris de Bigelow Minuartia pusilla, minuartie naine Ranunculus alismifolius, renoncule à feuilles d'alisme Sanicula arctopoides, sanicle patte-d'ours Sanicula bipinnatifida, sanicle bipinnatifide Tortula laevipila laevipila, tortule à poils lisses Le permis proposé est destiné aux activités pluriannuelles d'intendance des espèces en péril sur plusieurs sites du ministère de la Défense nationale dans la partie sud de l'île de Vancouver. Les espèces en péril sur chaque site résident dans des prés ouverts qui sont exposés à certaines espèces envahissantes, notamment : le genêt à balais, le lierre, l'ajonc d'Europe, le houx commun, le daphné à feuilles de laurier, l'aubépine monogyne, les mauvaises herbes annuelles et bisanuelles, les graminées annuelles et vivaces et/ou les conifères. L'objectif est d'enrayer ces espèces du secteur et des zones adjacentes où logent les populations d'espèces à risque sélectionnées.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005-11-16)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Exceptions

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