Profil d'espèce

Tortule à poils lisses

Nom scientifique : Syntrichia laevipila
Autres noms/noms précédents : Tortules à poils lisses
Taxonomie : Mousses
Répartition du COSEPAC : Colombie-Britannique
Date de l’évaluation et le changement de statut: novembre 2014
Statut du COSEPAC : Préoccupante
Critères d'évaluation du COSEPAC:
Justification de la désignation du COSEPAC: Cette mousse se trouve de la Colombie-Britannique et de l'État de Washington jusqu'en Californie. Les populations canadiennes, qui se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord, ne sont présentes que dans la région du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf. L’espèce est présente à plus de 90 sites où elle est limitée en grande partie à l’écorce des arbres, plus particulièrement le chêne de Garry. L’espèce n’est jamais dominante où elle pousse et ni commune dans les grands peuplements de chênes. La principale menace pesant sur l’espèce est l’enlèvement de chênes de Garry matures. Sans les pratiques de gestion des terres visant à établir et à préserver les populations du chêne de Garry, cette menace mènerait à la disparition de la plupart des populations de l’espèce.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « préoccupante » en mai 2004. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2014.
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2005-07-14

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Taxinomie

Le tortule à poils lisses compte deux variétés, la variété laevipila et la variété meridionalis, qui se distinguent par certains caractères des feuilles ainsi que par l'absence ou la présence de gemmules, des organes de reproduction asexuée. Au Canada, les deux variétés ne sont pas considérées de façon distincte.

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Description

Le tortule à poils lisses est une petite mousse qui pousse en touffes sur l'écorce des arbres, principalement celle des chênes. L’espèce se reconnaît facilement à sa taille minuscule, la hauteur de ses tiges ne dépassant pas 5 mm. Toutefois, des tiges principales dépassent parfois du plant. Elles portent à leur sommet des organes femelles ou une capsule de forme cylindrique, droite ou légèrement courbée, renfermant de minuscules spores. Les feuilles du tortule à poils lisses sont habituellement en forme de spatules, arrondies aux deux bouts, et se terminent par une arête. Au Canada, elles dépassent rarement 2 mm. Tortillées à l'état sec, elles sont plutôt étalées et légèrement repliées à l'état humide. En Colombie-Britannique, l’espèce peut être confondue avec les petits individus d’une autre mousse, le Syntrichia princeps. Un examen minutieux des feuilles, rétrécies à mi-longueur chez le tortule à poils lisses, permet toutefois de distinguer les deux espèces. De plus, les organes mâles et femelles sont regroupés dans une même structure chez le S. princeps, alors qu’ils sont séparés chez le tortule à poils lisses.

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Répartition et population

Le tortule à poils lisses se rencontre à l’échelle de la planète, mais de façon éparpillée. L'espèce se retrouve dans le sud de l'Amérique du Sud, en Europe, en Asie, en Afrique du Nord et dans l'ouest de l'Amérique du Nord. En Amérique du Nord, elle pousse dans la zone côtière en Colombie-Britannique et davantage à l'intérieur des terres dans l'État de Washington, en Oregon et en Californie. Au Canada, la présence du tortule à poils lisses est limitée à la zone côtière de Colombie-Britannique, plus exactement aux chênaies de Garry de l'île de Vancouver, depuis le sud de l'île jusqu'aux environs de Nanaimo. L’espèce est surtout commune dans la région de Victoria, qui compte de nombreuses populations réparties entre plusieurs localités, dont Oak Bay, Saanich, North Saanich, le mont Beacon et le mont Tolmie. À l'extérieur de la région de Victoria, l'espèce est peu commune et se rencontre dans seulement quelques localités, depuis la baie Pedder, à l'ouest de Victoria, jusqu'aux environs de Nanaimo. L'espèce a aussi été signalée dans deux des îles Gulf, soit l'île Salt Spring et l'île Galiano. En 2002, l’espèce a été observée sur environ 5 % des 1 200 chênes de Garry examinés sur l'île de Vancouver et les îles Gulf. La population canadienne compte environ 305 individus matures, ou touffes, répartis en 25 sites connus. La plupart des petites populations canadiennes du tortule à poils lisses semblent être en bon état et stables, mais il n'existe aucune information précise sur leurs tendances.

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Habitat

En Colombie-Britannique, le tortule à poils lisses ne pousse que sur l'écorce des arbres, particulièrement celle du chêne de Garry. Commun sur le tronc des arbres, il se rencontre également à leur base ainsi que sur leurs branches supérieures. La plupart des populations se trouvent sur des arbres poussant en terrain dégagé dans des régions aux étés secs, de doux à très chauds, et aux hivers humides, de frais à froids. Le tortule à poils lisses pousse rarement en mélange avec d'autres mousses ou avec des lichens. Bien que cette mousse soit répandue dans la région de Victoria, elle ne domine jamais à l'endroit où elle pousse, et elle n'est pas non plus commune dans les grands peuplements de chênes. Dans la plupart des cas, l'habitat de l'espèce semble stable et non perturbé. On craint pour les populations urbaines ou situées dans des secteurs où il ne reste que de vieux chênes, car il n'y a pratiquement aucun jeune chêne pour les remplacer.

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Biologie

En Colombie-Britannique, le tortule à poils lisses pousse principalement sur l'écorce des chênes de Garry. L’espèce y produit assez souvent des individus qui développeront des tiges porteuses de spores. Ces cellules qui donneront naissance à d’autres individus sont dispersées par le vent ou par l'eau qui coule à la surface de l'écorce, mais on ne dispose d'aucune information sur la distance de dispersion des spores ni sur leurs taux de viabilité ou de germination. Le tortule à poils lisses produit des organes femelles et des organes mâles sur une même tige, les organes mâles étant situés dans la partie inférieure du plant. Cette espèce se multiplie aussi de façon végétative à l’aide de petits plants, ou gemmules, produits aux aisselles des feuilles supérieures. Les gemmules constituent sans doute un moyen de dispersion important, à tout le moins à faible distance et quand les conditions du milieu sont difficiles.

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Menaces

La principale menace qui pèse sur le tortule à poils lisses est la disparition des vieux chênes de Garry, ce qui aurait comme résultat la disparition du pays de la plupart des populations de cette espèce. La récolte et l'élagage des arbres peuvent menacer les populations situées dans des terrains privés. Cependant, comme les gens sont de plus en plus sensibilisés à l'importance écologique du chêne de Garry et que cette sensibilisation est appuyée par une réglementation dans certaines municipalités, l'abattage des chênes de Garry est désormais fortement restreint. Une menace plus grave pour l’espèce est l'absence de jeunes chênes de Garry qui viendront remplacer les vieux arbres, puisque les jeunes pousses sont souvent éliminées sur de nombreux terrains privés, ou encore broutées par les moutons et les chèvres retournés à l'état sauvage et par les cerfs mulets. Enfin, les rejets polluants des automobiles pourraient nuire à certaines populations, mais cela reste à démontrer.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique, le tortule à poils lisses n’est protégé par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada (2004-05-01)

    Le Syntrichia laevipila est une très petite mousse acrocarpe qui pousse en touffes sur l'écorce exposée des arbres. Le genre Syntrichia réunit des mousses relativement grandes dont les feuilles sont habituellement entières, ligulées à spatulées ainsi que terminées par une arête. Le Syntrichia laevipila compte deux variétés, var. laevipila et var. meridionalis, qui se distinguent par certains caractères des feuilles ainsi que par l'absence ou présence de gemmules. En Colombie-Britannique, le S. laevipila var. laevipila peut être confondu avec les petits individus de l'espèce S. princeps.
  • Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur le Tortule à poils lisses Syntrichia laevipila au Canada (2015-12-11)

    Cette mousse se trouve de la Colombie-Britannique et de l'État de Washington jusqu'en Californie. Les populations canadiennes, qui se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord, ne sont présentes que dans la région du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf. L’espèce est présente à plus de 90 sites où elle est limitée en grande partie à l’écorce des arbres, plus particulièrement le chêne de Garry. L’espèce n’est jamais dominante où elle pousse et ni commune dans les grands peuplements de chênes. La principale menace pesant sur l’espèce est l’enlèvement de chênes de Garry matures. Sans les pratiques de gestion des terres visant à établir et à préserver les populations du chêne de Garry, cette menace mènerait à la disparition de la plupart des populations de l’espèce.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Tortule à poils lisses (2004-10-22)

    Il s'agit d'une petite espèce de mousse qui se trouve, en allant vers le sud, de la Colombie-Britannique et de l'État de Washington jusqu'en Californie. Les populations canadiennes sont à la limite nord de l'aire de répartition dans l'ouest de l'Amérique du Nord, et au Canada, l'espèce a une répartition restreinte où elle se trouve dans le sud-est de l'île de Vancouver et les îles Gulf. L'espèce est connue à 25 sites où elle est limitée à l'écorce des arbres, plus particulièrement les chênes de Garry. Cette espèce ne domine jamais à l'endroit où elle pousse, et elle n'est pas non plus commune dans les grands peuplements de chênes. Beaucoup des populations connues sont situées dans des zones protégées. La principale menace à l'espèce est la disparition des chênes de Garry matures, ce qui aurait comme résultat la disparition du pays de la plupart des populations de cette espèce.
  • Énoncé de réaction - Tortule à poils lisses (2015-12-23)

    Cette mousse se trouve de la Colombie-Britannique et de l'État de Washington jusqu'en Californie. Les populations canadiennes, qui se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce dans l’ouest de l’Amérique du Nord, ne sont présentes que dans la région du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf. L’espèce est présente à plus de 90 sites où elle est limitée en grande partie à l’écorce des arbres, plus particulièrement le chêne de Garry. L’espèce n’est jamais dominante où elle pousse et ni commune dans les grands peuplements de chênes. La principale menace pesant sur l’espèce est l’enlèvement de chênes de Garry matures. Sans les pratiques de gestion des terres visant à établir et à préserver les populations du chêne de Garry, cette menace mènerait à la disparition de la plupart des populations de l’espèce.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) au Canada (2011-08-11)

    Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a désigné la tortule à poils lisses (Syntrichia laevipila) espèce préoccupante au Canada en 2004. Cette espèce est inscrite sur la liste des espèces préoccupantes qui figure dans la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement du Canada. La tortule à poils lisses est une petite mousse qui pousse en touffes sur l’écorce des arbres, particulièrement celle du chêne de Garry (Quercus garryana). Ces arbres se trouvent dans les écosystèmes du chêne de Garry, qui sont menacés partout au Canada. L’aire de répartition actuelle de l’espèce au Canada comprend 27 occurrences dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004-10-19)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (volume 139, numéro 15, 2005) (2005-07-27)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004-09-16)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2014-2015 (2015-11-20)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la présente année de déclaration (d’octobre 2014 à septembre 2015), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première, du 23 au 28 novembre 2014, et la deuxième, du 27 avril au 1er mai 2015. Pendant cette période, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 1 En voie de disparition : 21 Menacées : 11 Préoccupantes : 21 Données insuffisantes : 1 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 24 de ces espèces a confirmé la même situation de risque que l’évaluation précédente.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#SARA-PYR-2009-0126), en vertu de l'article 73 de la LEP (2010-02-04)

    Ce projet vise à protéger l'habitat des populations d'espèces rares sélectionnées qui est menacé par les espèces envahissantes ou l'empiètement des conifères. Ces espèces sont : Bartramia stricta, bartramie à feuilles dressées Dryopteris arguta, dryoptère côtière Entosthodon fascicularis, entosthodon fasciculé Epilobium densiflorum, epilobe densiflore Limnanthes macounii, limnanthe de Macoun Lotus formosissimus, lotier splendide Lupinus densiflorus, lupin densiflore Meconella oregano, méconelle d'Orégon Microseris bigelovii, microséris de Bigelow Minuartia pusilla, minuartie naine Ranunculus alismifolius, renoncule à feuilles d'alisme Sanicula arctopoides, sanicle patte-d'ours Sanicula bipinnatifida, sanicle bipinnatifide Tortula laevipila laevipila, tortule à poils lisses Le permis proposé est destiné aux activités pluriannuelles d'intendance des espèces en péril sur plusieurs sites du ministère de la Défense nationale dans la partie sud de l'île de Vancouver. Les espèces en péril sur chaque site résident dans des prés ouverts qui sont exposés à certaines espèces envahissantes, notamment : le genêt à balais, le lierre, l'ajonc d'Europe, le houx commun, le daphné à feuilles de laurier, l'aubépine monogyne, les mauvaises herbes annuelles et bisanuelles, les graminées annuelles et vivaces et/ou les conifères. L'objectif est d'enrayer ces espèces du secteur et des zones adjacentes où logent les populations d'espèces à risque sélectionnées.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004-11-23)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
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