Profil d'espèce

Minuartie naine

Nom scientifique : Minuartia pusilla
Autres noms/noms précédents : Minuartie naine Minuartie naine
Taxonomie : Plantes vasculaires
Répartition du COSEPAC : Colombie-Britannique
Date de l’évaluation et le changement de statut: mai 2004
Statut du COSEPAC : En voie de disparition
Critères d'évaluation du COSEPAC: D1
Justification de la désignation du COSEPAC: Plante herbacée annuelle éphémère présente en un seul très petit emplacement de suintement printanier le long d'une pointe maritime rocheuse du sud de l'île de Vancouver, et qui est très isolée des populations les plus proches dans le sud de l'État de Washington. Le nombre maximum d'individus de cette population qui a été recensé n'est que de 20 plantes, les chiffres fluctuant légèrement probablement en fonction des précipitations. Les plantes sont menacées par le fait que la seule petite population est vulnérable aux événements stochastiques et à la perturbation constante de l'habitat par les mouettes et goélands, le piétinement des plaisanciers qui accostent leurs bateaux aux environs et, possiblement, l'empiètement par des plantes envahissantes.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2004.
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2005-07-14

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Minuartie naine

Minuartie naine Photo 1

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Description

La minuartie naine est une plante annuelle d’un vert bleuâtre mat qui atteint une hauteur de 2 à 5 cm. Cette petite herbacée comporte une tige solitaire ou quelques tiges dressées, simples ou ramifiées, et cireuses. Les feuilles situées au bas de la plante sont marquées d’une seule nervure. Elles mesurent de 2 à 4 mm de longueur et moins de 0,5 mm de largeur, et elles sont longues et étroites, au bout arrondi. Ces petites feuilles sont disposées par paires sur les tiges et sont accompagnées de deux petits appendices ressemblant à des feuilles, les stipules. Dans le haut du plant, les feuilles, peu nombreuses, sont similaires quoiqu'un peu plus petites et sans stipules. Les petites fleurs de la minuartie naine sont groupées lâchement en une inflorescence accompagnée de petites feuilles appelées bractées. L’inflorescence atteint souvent les 4/5 de la hauteur totale de la plante. Lorsqu’ils sont présents, les pétales des fleurs ont la forme d’un petit d’ovale allongé et mesurent de 1 à 2 mm de longueur. Les sépales verts situés à la base des fleurs ont la forme d’une lance, au bout plus ou moins pointu, d'une longueur de 2 à 3 mm. Le fruit sec, appelé capsule, présente la forme d’un œuf élargi à la base, et mesure de 1 à 2 mm de longueur. Les graines, d'une longueur d'environ 0,3 mm, sont brunes et délicatement bosselées.

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Répartition et population

La minuartie naine est présente dans l'ouest de l'Amérique du Nord, de la Colombie-Britannique jusqu'à l'Idaho, l'Arizona et le nord-est de la Californie, aux États-Unis, vers le sud. Au Canada, l’espèce est connue dans la seule localité de Rocky Point, dans le sud de l'île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Lorsque la minuartie naine fut observée pour la première fois en 1977, une vingtaine de plants avaient été recensés sur une superficie d'environ 10 m². Lors de la dernière observation réalisée en 2002, neuf plants seulement ont été dénombrés pour la même superficie, ce qui représente un déclin de 55 p. 100 sur une période de 25 ans. Toutefois, il est possible que cette espèce, comme toutes les saisonnières annuelles, expérimente d’année en année des changements dans la taille de sa population dépendant des conditions climatiques. Ce déclin pourrait donc ne pas représenter une tendance significative. Depuis 1997, de nombreuses inspections ont été réalisées dans les habitats propices de la région pour localiser de nouveaux individus ou populations mais sans succès. Il est improbable qu'une immigration se produise puisque la population la plus près se trouve dans l'État de Washington, à plus de 300 km.

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Habitat

La minuartie naine est présente sur la côte de la Colombie-Britannique où elle croît dans une petite source printanière, au sommet plat d'un promontoire côtier constitué d'une dizaine de centimètres de moraine. La dépression où elle se trouve est inclinée de 0 à 24 p. 100 au sud-est. Elle est humide au printemps et plus ou moins sèche tard en saison. Le sol est un type d'humus sablonneux, pauvre en substances nutritives. Tard en saison, ce sol à drainage rapide ne retient pas l'humidité du sol. La croissance de la flore des promontoires côtiers, où se retrouve la minuartie naine, est contrôlée par les vents et les embruns salins. L'érosion joue un rôle clé dans la germination de cette espèce, en maintenant un approvisionnement constant et renouvelé du sol minéral au sein de l'habitat que constitue la source printanière. Dans cet habitat, plusieurs espèces sont associées à la minuartie naine dont la vulpie queue d'écureuil, le pâturin des plages, la montie des fontaines, la canche printanière ainsi que différentes espèces de gnaphales.

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Biologie

On dispose de peu d'information sur la biologie de cette espèce récemment découverte. On sait toutefois qu’en Colombie-Britannique, la minuartie naine hivernerait au stade de semis. Elle se comporterait ainsi comme une annuelle d'hiver dont la floraison débuterait en mai ou en juin. À l’instar de ces espèces, sa floraison serait principalement dépendante de la température. Ses minuscules fleurs sont parfois dépourvues de pétales et ne produisent pas de nectar. Cette absence de caractéristiques attirantes pour les insectes pollinisateurs de même qu’une étude de la structure florale laissent supposer que l’espèce pratique exclusivement l’autopollinisation, c’est-à-dire que ses fleurs sont fécondées par leur propre pollen. Les graines de la minuartie naine germent vraisemblablement en décembre ou en janvier. En raison du lessivage des graines et des semis par les précipitations naturelles et de leur sensibilité aux conditions d’humidité, c’est à ce moment que la plante est le plus vulnérable. Comme toutes les plantes saisonnières, la minuartie naine dépend grandement des précipitations pour germer et croître.

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Menaces

En raison de sa taille réduite, la minuartie naine est particulièrement sensible aux perturbations de son milieu. L'assèchement de la petite source printanière qu’elle occupe pourrait lui être désastreux. Le nombre annuel de minuarties naines varie probablement en fonction des précipitations hivernales. Il est possible que cette espèce puisse disparaître totalement si l'humidité nécessaire à sa germination et au développement de ses semis n'est pas disponible. De la même façon, des conditions d’humidité trop élevées pourraient s'avérer inappropriées. Les goélands qui creusent le sol, comme ce fut le cas dans le voisinage immédiat du site durant l’hiver 2002-2003, et possiblement le piétinement causé par des plaisanciers contrevenants constituent également des menaces réelles. Enfin, l’empiètement par les plantes envahissantes pourrait lui aussi constituer un facteur limitant.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Minuartie naine est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

À l’heure actuelle, la minuartie naine n’est pas protégée par la loi provinciale de la Colombie-Britannique. L’unique population connue de cette espèce se trouve sur les propriétés du ministère de la défense nationale où l’accès public est interdit. De nouvelles études portant sur les plantes rares y étant localisées seront éventuellement envisagées dans le cadre d’un programme de gestion des ressources naturelles.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la minuartie naine (Minuartia pusilla) au Canada (2004-05-01)

    La minuartie naine (Minuartia pusilla) est une herbacée annuelle de la famille des Caryophyllacées. Pourvue d'une racine pivotante grêle, elle atteint une hauteur de 2 à 5 cm et comporte une tige solitaire ou quelques tiges dressées, simples ou ramifiées, glabres et cireuses. Les feuilles caulinaires basilaires et inférieures sont opposées et linéaires. Les feuilles supérieures, peu nombreuses, sont similaires quoiqu'un peu plus réduites et sans stipules. Les fleurs sont groupées en une inflorescence lâche, à bractées foliacées, atteignant souvent les 4/5 de la hauteur totale de la plante. Les pétales sont parfois absents. Le fruit, de forme ovoïde, est une capsule à 3 valves.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Minuartie naine Minuartie naine (2004-10-22)

    Plante herbacée annuelle éphémère présente en un seul très petit emplacement de suintement printanier le long d'une pointe maritime rocheuse du sud de l'île de Vancouver, et qui est très isolée des populations les plus proches dans le sud de l'État de Washington. Le nombre maximum d'individus de cette population qui a été recensé n'est que de 20 plantes, les chiffres fluctuant légèrement probablement en fonction des précipitations. Les plantes sont menacées par le fait que la seule petite population est vulnérable aux événements stochastiques et à la perturbation constante de l'habitat par les mouettes et goélands, le piétinement des plaisanciers qui accostent leurs bateaux aux environs et, possiblement, l'empiètement par des plantes envahissantes.

Programmes de rétablissement

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004-10-19)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (volume 139, numéro 15, 2005) (2005-07-27)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004-09-16)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#59-05-0365), en vertu de l'article 73 de la LEP (2005-04-13)

    Les effectifs de plantes, par stade phénologique et classe démographique, sont établis et décrits dans des quadrats marqués, au moyen de techniques d'échantillonnage non destructives. Quand cela est possible, les plantes sont simplement comptées par stade phénologique et classe démographique. Occasionnellement, des fruits sont recueillis pour dénombrement des graines à l'aide d'un microscope de dissection. Dans des études portant sur l'établissement des végétaux utilisant des parcelles de traitement expérimentales, la germination, l'établissement et la survie d'espèces choisies sont documentés. Les parcelles de traitement seront toutes des parcelles actuellement inoccupées par ces espèces ou d'autres espèces en péril. Les arbustes et herbes envahissants qui menacent les populations des espèces en péril susmentionnées sont enlevés dans le voisinage des plantes en péril.
  • Raison pour l'émission du permis(#SARA-PYR-2009-0126), en vertu de l'article 73 de la LEP (2010-02-04)

    Ce projet vise à protéger l'habitat des populations d'espèces rares sélectionnées qui est menacé par les espèces envahissantes ou l'empiètement des conifères. Ces espèces sont : Bartramia stricta, bartramie à feuilles dressées Dryopteris arguta, dryoptère côtière Entosthodon fascicularis, entosthodon fasciculé Epilobium densiflorum, epilobe densiflore Limnanthes macounii, limnanthe de Macoun Lotus formosissimus, lotier splendide Lupinus densiflorus, lupin densiflore Meconella oregano, méconelle d'Orégon Microseris bigelovii, microséris de Bigelow Minuartia pusilla, minuartie naine Ranunculus alismifolius, renoncule à feuilles d'alisme Sanicula arctopoides, sanicle patte-d'ours Sanicula bipinnatifida, sanicle bipinnatifide Tortula laevipila laevipila, tortule à poils lisses Le permis proposé est destiné aux activités pluriannuelles d'intendance des espèces en péril sur plusieurs sites du ministère de la Défense nationale dans la partie sud de l'île de Vancouver. Les espèces en péril sur chaque site résident dans des prés ouverts qui sont exposés à certaines espèces envahissantes, notamment : le genêt à balais, le lierre, l'ajonc d'Europe, le houx commun, le daphné à feuilles de laurier, l'aubépine monogyne, les mauvaises herbes annuelles et bisanuelles, les graminées annuelles et vivaces et/ou les conifères. L'objectif est d'enrayer ces espèces du secteur et des zones adjacentes où logent les populations d'espèces à risque sélectionnées.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004-11-23)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Exceptions

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