Profil d'espèce

Carmantine d'Amérique

Nom scientifique : Justicia americana
Taxonomie : Plantes vasculaires
Répartition du COSEPAC : Ontario, Québec
Date de l’évaluation et le changement de statut: mai 2021
Statut du COSEPAC : Menacée
Critères d'évaluation du COSEPAC: A2ace+4ace
Justification de la désignation du COSEPAC: Cette fleur sauvage aquatique, qui habite les rives de lac et de cours d’eau, se trouve dans 13 sites du sud de l’Ontario et du sud-ouest du Québec. Bien que l’espèce soit encore présente en grand nombre à l’échelle locale, ses effectifs ont considérablement diminué au cours des dix dernières années en raison de pertes importantes dans la région de la rivière des Mille-Îles, au Québec. Cette diminution est en grande partie attribuable aux fluctuations anormalement extrêmes ou prolongées du niveau de l’eau, causées par la gestion des niveaux d’eau et les changements climatiques. Les espèces envahissantes, comme le roseau commun et la quenouille glauque, sont susceptibles de contribuer aux futurs déclins de la population.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « menacée » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000 et en mai 2021.
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2003-06-05

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Carmantine d'Amérique

Carmantine d'Amérique Photo 1

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Description

La carmantine d'Amérique est une herbe aquatique atteignant entre 20 et 100 cm de haut. Les tiges se développent à la base de la tige principale (qui peut être unique ou ramifiée) puis poussent le long de la surface du sol. Les feuilles, de forme étroite et allongée, ne sont pas divisées et sont réparties en paires qui s’opposent le long de la tige. Les fleurs blanches ou d’un violet pâle, situées au bout de longs épis minces qui prennent naissance aux points où se rencontrent les feuilles supérieures et la tige principale, sont en forme de tubes. Le fruit est une capsule qui contient de 2 à 4 graines beiges ou brun pâle.

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Répartition et population

La carmantine d'Amérique croît dans l'est central de l'Amérique du Nord, et jusqu'en Georgie et au Texas vers le sud. Au Canada, elle est à la limite septentrionale de son aire de répartition dans le sud du Québec (le long du fleuve Saint-Laurent près de Montréal) et dans le sud de l'Ontario (le long du lac Érié). Elle a été observée à huit sites dans les deux provinces, mais elle est disparue de plusieurs d'entre eux. Le total des tiges connues au Canada est d'environ 400 000, ce qui a peu changé au cours des 15 dernières années.

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Habitat

La carmantine d'Amérique pousse le long des rives et parfois dans des terres humides avoisinantes, ainsi que le long de ruisseaux où le fond est composé de gravier, de sable ou de matière organique. Cette plante préfère les régions où l'eau est dure; elle pousse au-dessus ou en-dessous de la surface de l'eau.

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Biologie

Au Canada, la carmantine d'Amérique est à la limite septentrionale de son aire de répartition. Espèce de début de succession, elle aide à stabiliser les berges et a besoin d'un habitat ouvert avec peu de compétition des autres plantes pour survivre. La croissance débute au printemps et est suivie de la floraison en mai ou au début de l'été. La pollinisation est surtout accomplie par des abeilles. Les graines deviennent matures de la mi-juillet à la fin de l'été. L'espèce se reproduit à partir de graines et par des rhizomes souterrains pour créer des colonies pouvant atteindre 100 000 tiges.

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Menaces

Au Canada, le climat et le manque d'habitat adéquat sont les facteurs limitants de la carmantine d’Amérique. Elle se trouve dans les parties très développées du Canada, où la plupart de l’habitat adéquat a été touché par des activités résidentielles, industrielles et récréatives. La carmantine d'Amérique semble être sensible à la pollution industrielle.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Carmantine d'Amérique est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

La carmantine d’Amérique se trouve dans la réserve nationale de faune de Long Point qui fait partie du territoire domanial protégé en vertu de la LEP. La plus grande population de l’Ontario se trouve dans le parc national de la Pointe-Pelée où elle est protégée par la Loi sur les parcs nationaux du Canada. De plus, l’espèce est protégée par la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la carmantine d'Amérique (Justicia americana) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe nationale de rétablissement de la Carmantine d'Amérique

  • Sylvain Paradis - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 418-649-8248  Téléc. : 418-648-4847  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés à ce jour En 2006, des visites sur les lieux ont été effectuées en Ontario et au Québec afin de reconfirmer la présence et la situation de la carmantine d’Amérique sur deux sites en Ontario, soit le site de la Commission des parcs du Niagara (dans les îles Dufferin) et celui de Lyon’s Creek. Résumé des activités de recherche et de suivi Éco Nature effectue un suivi continu de la carmantine d’Amérique dans le cadre de ses activités annuelles d’intendance. Le Centre d’information sur le patrimoine naturel effectue des relevés relatifs à la carmantine d’Amérique dans la Réserve nationale de la faune de Long Point et le parc provincial Port Burwell. L’inventaire de la carmantine d’Amérique sera fait au parc national de la Pointe Pelée. En partenariat avec la Brock University, la Commission des parcs du Niagara en est train d’élaborer un plan de gestion du rétablissement de cette espèce dans les îles Dufferin. Résumé des activités de rétablissement Des projets de restauration des zones humides sont en cours à l’île Pelée. Depuis 2001, Éco-nature a participé à des activités d’intendance, y compris des inventaires le long de la rivière des Mille Îles ainsi que des séances de conscientisation et d’information. Liens Éco-Nature : Parc de la Rivière des Mille-îIes : http://www.parc-mille-iles.qc.ca/indexhf.htm McGill University : Espèces en péril du Canada : (en anglais)http://www.canadianbiodiversity.mcgill.ca/english/species/endangered/endangeredpages/jun_ame.htm Commission des parcs du Niagara : (en anglais)http://www.niagaraparksnature.com/

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la carmantine d'Amérique (Justicia americana) au Canada (2011-03-28)

    En mai 2000, la carmantine d'Amérique (Justicia americana) a été réévaluée comme étant une espèce menacée au Canada par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Elle a été inscrite à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en juin 2003 par le ministre de l'Environnement après recommandation du COSEPAC. Il s'agit d'une espèce dont la répartition est limitée à l'est de l'Amérique du Nord et dont la limite nord au Canada est située dans le sud du Québec et de l'Ontario. La première version de ce programme de rétablissement a été publiée en 2011. La version actuelle (affichée ici) est le fruit de modifications apportées à la première version, conformément à l’article 45 de la Loi, afin d’ajouter certaines formulations concernant les connaissances écologiques traditionnelles.

Plans d'actions

  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de la Pointe Pelée et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara (2016-07-05)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de la Pointe-Pelée et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara s’applique aux terres et aux eaux situées à l’intérieur des limites des deux sites : le parc national du Canada de la Pointe-Pelée (PNPP) et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara (LHNN). Ce dernier terme est utilisé pour désigner collectivement deux endroits de la région du Niagara qui comprennent trois lieux historiques nationaux, soit le lieu historique national du Canada du Fort-George, le lieu historique national du Canada du Champ-de-Bataille-du-Fort-George et le lieu historique national du Canada des Casernes-de-Butler. Le présent plan satisfait aux exigences concernant les plans d’action fixées dans la Loi sur les espèces en péril (LEP; article 47) pour les espèces qui requièrent un plan d’action et qui sont présentes de façon régulière dans ces sites. Les mesures décrites dans le plan vont également entraîner des avantages pour d’autres espèces régulièrement présentes dans le PNPP et les LHNN pour lesquelles il existe des préoccupations quant à leur conservation.
  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Mille-Îles (2016-03-29)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Mille–Îles est un plan d’action établi en vertu de la Loi sur les espèces en péril (art. 47 de la LEP) pour quatre espèces : carmantine d’Amérique (Justicia americana), noyer cendré (Juglans cinerea), airelle à longues étamines (Vaccinium stamineum) et méné camus (Notropis anogenus). Le plan porte aussi sur les mesures de surveillance et de gestion de 30 autres espèces préoccupantes sur le plan de la conservation qui se trouvent périodiquement dans le parc. Ce plan n’est applicable que dans les terres et les eaux situées à l’intérieur des limites du parc national du Canada des Mille–Îles.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC 2020 à 2021 (2021-10-12)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a évalué un total de 66 espèces sauvages, dont quatre fut attribuée le statut de non en péril. Sur ces 66 espèces sauvages, le COSEPAC a réexaminé la situation de 41 espèces; parmi eux, 80 % a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 826 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, soit 369 espèces en voie de disparition, 196 espèces menacées, 239 espèces préoccupantes et 22 espèces disparues du pays (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, on a jugé disparues 19 espèces sauvages, les données de 62 espèces sauvages ont été jugées insuffisantes, et 202 espèces ont été désignées non en péril.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#13), en vertu de l'article 73 de la LEP (2006-05-01)

    Inventaire de la faune et de la flore et identification des habitats potentiels des espèces en péril sur le territoire de la communauté de Kahnawake.
  • Raison pour l'émission du permis(#PP-2013-14338 & PP-2014-15697), en vertu de l'article 73 de la LEP (2013-06-06)

    En 2013 et 2014, des études en biologie sur la pollinisation seront menées sur la carmantine d'Amérique, notamment des essais d'observation du mécanisme de reproduction et/ou des pollinisateurs de l'espèce dans le parc national de la Pointe Pelée (PNPP). Pour ce qui est des essais portant sur le système reproducteur de la plante, différentes méthodes de reproduction seront examinées : reproduction asexuée, autopollinisation automatique et facilitée, et pollinisation croisée. Cet essai est réalisé en appliquant de petits sacs sur les boutons floraux avant leur éclosion, en y apposant des étiquettes temporaires et en préparant le tout pour procéder au traitement approprié. Pour ce qui est des traitements liés à la reproduction asexuée et à la pollinisation croisée, les étamines sont retirées des fleurs avant que le pollen se dissémine, afin que seul le pollen visé puisse atteindre le stigmate. Lorsque les stigmates sont prêts à recevoir le pollen, celui ci est transféré en retirant les anthères de la fleur donneuse et en les brossant le long des stigmates de la fleur receveuse; dans le cas de l'autopollinisation, les anthères ne sont pas retirées, mais sont brossées au dessus du ou des stigmates de la même fleur. Lorsque les stigmates ne peuvent plus recevoir de pollen, les sacs sont enlevés, et la surveillance de la production des fruits est amorcée. Si des fruits sont produits, ils sont récoltés et l'on évalue leur production de graines. Si possible, les graines seront comptées et évaluées sur le terrain, et les graines immédiatement dispersées parmi la population de carmantines d'Amérique dans le PNPP. S'il n'est pas possible de les compter sur le terrain, les graines peuvent être récoltées pour être dénombrées et évaluées en laboratoire, avant d'être rapportées dans le parc aux fins de dissémination au sein de la population de carmantines d'Amérique. Un nombre minimal de fleurs sera utilisé; ce nombre dépendra du nombre de fleurs et de plantes dans une population. Par exemple, dans une situation normale non liée aux espèces en péril, pour une série de six traitements, cinq à dix fleurs par traitement seraient utilisées à chaque site. Le nombre exact de traitements et de fleurs sera ajusté en fonction du nombre de sites de carmantines d'Amérique étudiés, du nombre d'individus dans chaque population, du nombre de fleurs, etc. Quoi qu'il en soit, pas plus de 10 % des fleurs de carmantine d'Amérique disponibles dans la population du PNPP seront utilisées pour la recherche. L'observation des pollinisateurs se fera par l'examen visuel des insectes visitant les fleurs ou au moyen de filets fauchoirs. En effet, les insectes qui ne pourront être identifiés sur le champ seront temporairement récoltés dans des flacons transparents afin qu'on puisse les observer de plus près ou les photographier, puis ils seront relâchés. Ces observations se dérouleront durant les journées présentant des conditions météorologiques particulières (au moins partiellement ensoleillé, peu de vent et pas de pluie), lorsque les fleurs sont ouvertes et que les insectes sont actifs. Selon le degré d'activité des visiteurs des fleurs, et de la taille de la population de carmantines, les transects seront visités en canot, en traversant la population, et certaines fleurs pourraient être observées d'encore plus près. L'activité pourrait avoir une incidence temporaire sur les individus utilisés pour les essais relatifs au mécanisme de reproduction, car les fleurs seront manipulées d'une manière qui pourrait entraîner une réduction de la production des fruits et des graines (p. ex., si une plante requiert une pollinisation croisée, les fleurs utilisées pour les traitements liés à l'autopollinisation ne produiront pas de graines, car on empêchera les pollinisateurs de les visiter).
  • Raison pour l'émission du permis(#PP-2018-30397), en vertu de l'article 74 de la LEP (2018-10-10)

    L'activité consiste à échantillonner la partie supérieure des tiges de 20 spécimens de carmantine d'Amérique en vue de tests génétiques visant à déterminer la variabilité des populations canadiennes connues. Cette étude génétique fait partie d'un projet plus vaste visant à explorer la transplantation comme mesure de conservation et de rétablissement de l'espèce.
  • Raison pour l'émission du permis(#PPNP-2019-10), en vertu de l'article 73 de la LEP (2021-07-15)

    Le projet de conservation et de restauration Marais dégagé, marais en santé, réalisé en partenariat au parc national de la Pointe-Pelée, vise à rétablir l'hétérogénéité des habitats d'eaux libres et de lisière dans certaines parties de l'intérieur du marais dans le parc. Pour ce faire, on aménagera des chenaux et des étangs au moyen de machines (coupe-herbe aquatique, faucardeur et tondeuse amphibie) au sein de lits de quenouilles, une espèce envahissante (Typha angustifolia et Typha x glauca), et on retirera, de manière ciblée, les Phragmites australis australis (aussi appelés roseaux) sur les rives (au moyen d'outils manuels et d'herbicides) et sur les peuplements flottants de quenouilles (au moyen d'une tondeuse amphibie). Des tortues mouchetées pourraient interagir avec les machines (coupe-herbe aquatique, faucardeur et tondeuse amphibie) ou devoir être capturées et déplacées en lieu sûr lors de l'aménagement initial de chenaux et d'étangs (points d'accès aux chenaux et étangs du secteur de gestion, environ 11 m2 de largeur maximum). Si l'on se fie à des projets semblables réalisés au moyen d'équipement du même genre dans d'autres marais, le nombre de tortues mouchetées susceptibles d'être capturées ou blessées dans le cadre du projet est minime. On s'attend à ce que certaines tiges de carmantine d'Amérique se brisent lors de l'enlèvement de roseaux dans des peuplements de carmantine, mais la prise de mesures d'atténuation devrait permettre de limiter le nombre d'individus touché. Le projet permettra de remettre en état l'habitat de marais dégradé en augmentant l'abondance des zones d'eau libre et en gérant les espèces de plantes envahissantes, ce qui augmentera la superficie d'habitat convenable pour des espèces indigènes, dont la tortue mouchetée et la carmantine d'Amérique.

Descriptions dans la Gazette du Canada sur l'habitat essentiel

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