Profil d'espèce

Pholade tronquée

Nom scientifique : Barnea truncata
Taxonomie : Mollusques
Répartition du COSEPAC : Nouvelle-Écosse, Océan Atlantique
Date de l’évaluation et le changement de statut: mai 2021
Statut du COSEPAC : Menacée
Critères d'évaluation du COSEPAC: D2
Justification de la désignation du COSEPAC: Au Canada, ce bivalve marin intertidal est confiné à de petites parties du bassin Minas, en Nouvelle-Écosse. Dans ce bassin, l’espèce est entièrement dépendante du faciès à mudstone rouge, une formation géologique. L’espèce creuse dans le mudstone et y reste immobile à l’âge adulte. Des changements dans le dépôt des sédiments peuvent couvrir l’habitat et étouffer et tuer les individus. La principale menace pesant sur l’espèce est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes violentes causée par les changements climatiques, qui peuvent soudainement déplacer et redéposer les sédiments. D’autres menaces sont les activités humaines qui entraînent des changements dans les tendances du courant, de l’érosion et du dépôt des sédiments, la pollution associée au ruissellement provenant de sources agricoles ou urbaines, et l’élévation du niveau de la mer causée par les changements climatiques.
Historique du statut du COSEPAC: Espèce désignée « menacée » en novembre 2009. Réexamen et confirmation du statut en mai 2021.
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée
Date d’inscription (AAAA-MM-JJ): 2017-04-13

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Pholade tronquée

Pholade tronquée Photo 1

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Description

La pholade tronquée de l’Atlantique (Barnea truncata) est un mollusque bivalve intertidal. Parfois appelée « fallen angel wing » (aile d’ange déchu) en raison de sa délicate coquille striée, la pholade tronquée de l’Atlantique est de couleur blanc-grisâtre et mesure environ trois à cinq centimètres de long. Il n’y a pas de différence notable entre les mâles et les femelles.

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Répartition et population

On trouve la pholade tronquée de l’Atlantique dans la zone intertidale, ce qui signifie qu’elle se trouve au dessus du niveau de l’eau à marée basse et au-dessous à marée haute. Au Canada, l’espèce ne s’enfouit que dans un seul type de surface appelé mudstone rouge, qui est assez ferme et offre une protection. Les individus sont piégés dans leurs terriers au fur et à mesure qu’ils grandissent, où ils restent toute leur vie. Lorsqu’ils meurent, le terrier peut servir d’habitat à d’autres espèces marines.

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Habitat

La pholade tronquée de l’Atlantique se trouve le long des marges continentales est et ouest de l’océan Atlantique, de la Floride à la Nouvelle-Écosse et de l’Afrique du Sud au Sénégal. Au Canada, la seule population se trouve dans le bassin Minas, dans la baie de Fundy, à environ 475 km de la population la plus proche dans le Maine. Le mudstone rouge du bassin Minas est extrêmement limité, s’étendant au total sur moins de 1,84 km². Les marées hautes et les grandes fluctuations de température de la baie de Fundy fournissent des eaux très oxygénées avec beaucoup de particules en suspension dont les mollusques peuvent se nourrir.

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Biologie

Les pholades tronquées de l’Atlantique vivent séparément les unes des autres dans leurs terriers respectifs libérant leurs œufs et leur sperme dans l’eau qui les entoure. Les œufs fécondés se transforment en larves. Après 35 jours de croissance, les larves se déposent et commencent à s’enfouir lorsqu’elles entrent en contact avec le mudstone rouge. La taille de la population est inconnue, mais on pense qu’elle est stable.

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Menaces

La principale menace qui pèse sur la pholade tronquée de l’Atlantique est la modification du plancher océanique, en particulier l’augmentation des sédiments, comme le sable, au-dessus de leur habitat limité. L’augmentation des sédiments peut étouffer les individus et rendre leur habitat limité inutilisable. Ces changements peuvent découler de processus naturels, comme l’érosion par les marées, l’affouillement glacial et les tempêtes majeures. On craint que l’augmentation de l’activité des tempêtes et l’élévation du niveau de la mer due au changement climatique n’aient un impact négatif sur l’espèce. De plus, le dragage, l’exploitation à grande échelle d’une turbine marémotrice et les déversements d’hydrocarbures peuvent constituer des menaces potentielles. Les activités récréatives, comme la course à pied, le vélo de montagne et l’utilisation de véhicules tout-terrain, peuvent nuire aux pholades tronquées de l’Atlantique ou détruire leur habitat.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Pholade tronquée est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Canada, la pholade tronquée de l’Atlantique a été évaluée comme étant une espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en raison de sa répartition limitée. La pholade tronquée de l’Atlantique n’est pas une espèce récoltée. Il n’y a pas de pêche commerciale, de pêche récréative, ni de pêche à des fins alimentaires, sociales et rituelles pour la population de la baie de Fundy. La résidence d’une espèce en voie de disparition, menacée ou disparue du pays est protégée contre les dommages et la destruction en vertu de la Loi sur les espèces en péril. La résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique est décrite brièvement suivante : Le terrier de la pholade tronquée de l’Atlantique est sa résidence. Une fois qu’une larve de pholade tronquée se dépose sur le substrat solide de mudstone rouge de son choix, elle consacre son énergie à creuser un terrier qui sera essentiel à sa survie. La pholade tronquée grandit et devient adulte dans son terrier. Elle se nourrit et fraie à l’intérieur de son terrier où elle restera tout au long de son stade adulte.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Pholade tronquée (2010-12-02)

    Il n’existe qu’une seule population de ce bivalve marin intertidal, soit celle du bassin Minas, en Nouvelle‑Écosse. Bien que cette espèce soit adaptée pour creuser dans l’argile dure et la roche tendre au Canada, elle est entièrement dépendante d’une seule formation géologique, soit le faciès à mudstone rouge. L’habitat total disponible pour l’espèce est moins de 0,6 km2. L’espèce se fixe sur le mudstone, y creuse, et une fois fixée, elle s’immobilise. Tout changement dans le dépôt des sédiments peut étouffer des individus ou couvrir des zones d’habitat entières. Les perturbations qui modifient le régime de dépôt des sédiments sont donc considérées comme étant la principale menace pour l’espèce. Plus graves sont la fréquence et l’intensité accrues des tempêtes, qui sont attribuables au changement climatique et qui peuvent rapidement enfouir l’habitat et étouffer les individus. On s’attend à ce que l’érosion causée par l’élévation du niveau de la mer (ondes de tempêtes) et la pluviosité accrue (inondations) contribuent aussi à la perte d’habitat due au dépôt des sédiments. Le développement proposé dans le bassin pourrait aussi altérer ou accroître le dépôt des sédiments. La population canadienne est clairement isolée de la population la plus proche qui se trouve au Maine, à 350 km au sud, de sorte que l’immigration de source externe est très improbable.
  • Énoncé de réaction - Pholade tronquée (2022-01-10)

    Au Canada, ce bivalve marin intertidal est confiné à de petites parties du bassin Minas, en Nouvelle-Écosse. Dans ce bassin, l’espèce est entièrement dépendante du faciès à mudstone rouge, une formation géologique. L’espèce creuse dans le mudstone et y reste immobile à l’âge adulte. Des changements dans le dépôt des sédiments peuvent couvrir l’habitat et étouffer et tuer les individus. La principale menace pesant sur l’espèce est l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes violentes causée par les changements climatiques, qui peuvent soudainement déplacer et redéposer les sédiments. D’autres menaces sont les activités humaines qui entraînent des changements dans les tendances du courant, de l’érosion et du dépôt des sédiments, la pollution associée au ruissellement provenant de sources agricoles ou urbaines, et l’élévation du niveau de la mer causée par les changements climatiques.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2010 (2010-09-03)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada, la fonction première du COSEPAC est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu’il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l’évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année, le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages et a revu le statut de 79 espèces (espèces, sous-espèces, populations). Lors de la réunion de novembre 2009, le COSEPAC a évalué ou revu le statut de 28 espèces sauvages. À sa réunion d’avril 2010, le Comité a évalué ou revu la classification de 51 espèces sauvages additionnelles (espèces, sous-espèces, populations). Le COSEPAC a revu la classification de 32 espèces sauvages déjà inscrites à l’annexe 1 de la LEP et leur statut a été confirmé (disparue du pays - espèce ne vivant plus à l’état sauvage au pays, mais qu’on trouve ailleurs -, en voie de disparition, menacée ou préoccupante). Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2009-2010 sont les suivants : Disparues du pays : 6 En voie de disparition : 39 Menacées : 16 Préoccupantes : 17 Données insuffisantes : 1 Le présent rapport présente au ministre le statut de 46 espèces nouvellement désignées comme disparues du pays, en voie de disparition, menacées ou préoccupantes et remplit les obligations du COSEPAC stipulées aux articles 25 et 26 de la Loi sur les espèces en péril. Un résumé complet et détaillé de l’évaluation de chaque espèce et la justification de la désignation de chacune d’entre elles se trouvent à l’annexe I du rapport. Depuis sa création, le COSEPAC a évalué 602 espèces sauvages correspondant à diverses catégories de risque, dont 262 en voie de disparition, 151 menacées, 166 préoccupantes et 23 disparues du pays. Au total, 13 espèces ont été désignées comme espèces disparues. À ce jour, 46 espèces sauvages ont été inscrites dans la catégorie « données insuffisantes » et 166 espèces ont été désignées comme « non en péril ». L’année en cours a été particulièrement productive pour le Sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) du COSEPAC. En avril 2010, le COSEPAC a approuvé les Lignes directrices des procédures et des protocoles relatifs aux connaissances traditionnelles autochtones. Ces lignes directrices établissent des principes clairs ayant été convenus quant à la collecte de connaissances traditionnelles autochtones dans l’accomplissement de la mission du COSEPAC prescrite au paragraphe 15(2) de la LEP (voir l’annexe III du rapport ci-joint). Nous sommes reconnaissants aux aînés des collectivités et aux experts pour l’aide généreuse et l’enthousiaste qu’ils ont apportés au Sous-comité dans la préparation des protocoles sur les CTA.
  • Rapport annuel du COSEPAC 2020 à 2021 (2021-10-12)

    Au cours de la dernière année, le COSEPAC a évalué un total de 66 espèces sauvages, dont quatre fut attribuée le statut de non en péril. Sur ces 66 espèces sauvages, le COSEPAC a réexaminé la situation de 41 espèces; parmi eux, 80 % a été réévaluée au même niveau de risque, sinon à un risque plus faible. À ce jour, et compte tenu de la présentation de ce rapport, les évaluations du COSEPAC comprennent maintenant 826 espèces sauvages dans diverses catégories de risque, soit 369 espèces en voie de disparition, 196 espèces menacées, 239 espèces préoccupantes et 22 espèces disparues du pays (c.-à-d. que l’on ne trouve plus à l’état sauvage au Canada). De plus, on a jugé disparues 19 espèces sauvages, les données de 62 espèces sauvages ont été jugées insuffisantes, et 202 espèces ont été désignées non en péril.

Permis et accords connexes

  • Raison pour l'émission du permis(#DFO-MAR-2018-15), en vertu de l'article 73 de la LEP (2018-10-18)

    Les activités comprennent l'échantillonnage létal de 30 pholades tronquées pour appuyer de multiples projets de recherche scientifique. Les échantillons serviront à déterminer une méthode appropriée pour dater les coquilles des pholades tronquées, ce qui permettra d'effectuer de nouvelles analyses basées sur les populations, notamment pour mieux comprendre la dynamique et la structure des populations. L'ADN des échantillons sera utilisé pour effectuer l'analyse génétique en vue d'appuyer les études de connectivité de la population. La collecte des échantillons débutera aux sites d'habitat centraux et principaux et se concentrera sur la pholade tronquée, qui s'érode de son habitat de mudstone rouge et qui, par conséquent, frôle la mort pour des raisons naturelles. Si le nombre d'individus exposés est insuffisant, les échantillons seront retirés de leurs terriers dans le mudstone rouge. On ciblera les pholades tronquées présentant les dimensions requises en se servant de la taille du terrier comme indicateur. Ces échantillons seront prélevés dans les sites d'habitat centraux et principaux, où l'habitat global est stable, et dans les zones de ces sites stables, où se trouvent des zones érodées de mudstone rouge. Les échantillons dans le mudstone rouge seront prélevés à l'aide d'un petit couteau ou à la main, pour un nombre maximal de 10 échantillons prélevés par ce moyen. Les activités autorisées par ce permis sont les suivantes : l'échantillonnage létal de 30 pholades tronquées; et l'enlèvement de mudstone rouge (résidence).

Documents de consultation

Description de la résidence

  • Description de la résidence de la pholade tronquée de l’Atlantique (Barnea truncata) du Canada (2018-07-12)

    Le terrier de la pholade tronquée de l’Atlantique est sa résidence. Une fois qu’une larve de pholade tronquée se dépose sur le substrat solide de mudstones rouges de son choix, elle consacre son énergie à creuser un terrier qui sera essentiel à sa survie. La pholade tronquée grandit et devient adulte dans son terrier. Elle se nourrit et fraie à l’intérieur de son terrier où elle restera tout au long de son stade adulte.
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